3 questions à Tonjé Bakang co-fondateur d’AFROSTREAM

AfroStream : vous avez probablement déjà entendu parler du service de streaming proposant que des contenus afros. Une première en France. Si les notions de « Black Business » ont une signification aux USA, en Europe ce n’est non seulement pas à l’ordre du jour mais il y a toujours une certaine honte à cibler une communauté ; sa propre communauté sous peine du couperet communautarisme ou encore de se faire (mal)traiter dans les médias.

On se souvient encore de cette titraille de Stylist qui pour parler de la start-up écrit « l’ère de la télé ghetto ». C’est l’une des premières questions que je poserai d’ailleurs à l’homme d’affaires Tonjé Bakang co-fondateur d’AFROSTREAM qui ne souhaitera pas s’étaler sur ce qu’il appelle un non sujet.

Pour vous, voici la réponse à 3 questions que vous vous êtes probablement posés sur AFROSTREAM.

Comment vous avez eu l’idée d’AfroStream ?

L’idée était très simple, elle est née d’un besoin qui a été identifié. En France c’est très difficile d’avoir accès à des contenus nous ressemblant. Il y’avait quelques séries tel le Prince de Bel Air et quelques grands films américains mais au-delà de ça, c’est à travers mes voyages à l’étranger que j’ai pu découvrir le cinéma et les séries africaines, le cinéma afro-brésilien et toute la richesse du contenu afro américain, car le problème c’est que les médias traditionnels européens n’achetaient pas ces contenus pour les diffuser.

Pourquoi les investisseurs californiens font preuve de plus d’intérêt pour ce projet que les investisseurs français ?

Je pense qu’en France et c’est la raison pour laquelle ce type de contenus, films et séries n’ont pas été diffusés, c’est que les personnes qui ont les moyens d’investir ou de diffusion n’ont pas l’expertise nécessaire pour entendre ou décrypter la demande du public. Tant qu’il n’y aura pas des investisseurs avec des profils différents ou des diffuseurs qui auront des histoires différentes à raconter il sera difficile de faire émerger des projets atypiques et innovants. En Californie, et particulièrement à la Silicon Valley au cœur du monde des startups, on a une ouverture d’esprit plus grande que celle qu’on a pu rencontrer en France et aussi une créativité. Les investisseurs prennent des risques. Je ne pense pas qu’en France on soit capable de créer un Facebook. Pas qu’il manque des talents, mais l’écosystème n’incites pas à se lancer dans de telles aventures.

C’est quoi la suite pour AfroStream ?

On lance un service le 1er Septembre de vidéos à la demande par abonnement. On se concentre actuellement sur le lancement de cette plateforme, ce qui demande beaucoup de temps et d’énergie.

Si vous êtes jeunes, talentueux et que cette entreprise vous fait rêver n’hésitez pas à envoyer vos CV aux dirigeants de la start-up, Tonjé Bakang se dit prêt à étudier les candidatures 🙂

100 % badass : la playslist féministe

Alors, je sais ce n’est pas la première ni la dernière playlist Girl Power qu’on peut retrouver sur les Internets mais celle que je vous ai concocté est différente (mais oui !). L’idée m’est venu après la découverte de la vidéo ci-dessus d’australiennes rappant contre le taxe sur les tampons car j’ai trouvé ça GENIAL

Il n’y a pas si longtemps je croyais que la musique ne pouvait pas servir à faire passer des messages forts. Pourtant il faut se rendre à l’évidence c’est le cas. Quand je vois Sofia Ashraf, une activiste et rappeuse indienne, rapper contre la multinationale Unilever qui a pollué au mercure une ville du sud de l’Inde et ses habitants. On peut penser que parfois dire les choses en chanson c’est le meilleur moyen de faire passer efficacement un message.

Pour l’histoire la chanson qui reprend l’air d’Anaconda de Nicki Minaj, a dépassé les deux millions de vues sur Youtube, poussant le patron d’Unilever à réagir sur Twitter. La classe !

Ma liste de 100 vidéos  est composée à majorité de chansons de chanteuses non-blanches et évidemment exclusivement que de femmes (parfois y’a des featuring). J’ai essayé de réduire au possible le nombre de femmes afro-américaines et ça a été pour moi l’occasion de découvrir un groupe de Kpop entre autres !

Si je reprend des chansons incontournables comme Respect d’Aretha Franklin ou I’m Every Woman de W. Houston vous allez pouvoir découvrir entre autres des chanteuses antillaises.

Vous allez remarquer que la qualité des vidéos n’est pas la même pour toutes, j’espère vraiment que cela ne vous découragera pas 🙂

Certaines chansons parlent d’histoire d’amour mais le traitement même du sujet et la présence de ces femmes suffit pour moi à ce qu’elles fassent partie de cette liste.

N’hésitez pas à laisser en commentaires des chanteuses que vous souhaiterez voir intégrer la liste.

Et bonne écoute !

AfroPunk Paris : il y’a un problème

Je suis obligé d’écrire cette note de blog, parce que j’ai fait tout un billet pour vous vanter les mérites du Festival AfroPunk donc ce serai très hypocrite de ma part de me défiler quand ça va pas.

J’ai assisté au Festival AfroPunk mais il y’a quelques points négatifs (deux mais très obvious) que je ne vais pas passer sous silence. Ce billet portera donc sur deux points :

  1. Les critères de beauté de la communauté afro qui ré-alimente le sentiment d’exclusion de la femme noire
  2.  Les afro-américains 

Tout d’abord, je suis la page Facebook d’Afro Punk Paris depuis longtemps et je m’en veux que cela ne m’ai jamais sauté aux yeux. Dans la communauté afro aussi, des critères de beauté sont mises à l’évidence plus que d’autres. Comme quoi il ne suffit pas de dire, je suis fière de ce que je suis pour que les frontières du body-shaming sautent.

Je me suis tout simplement rendu compte *et je ne suis pas la seule* qu’on a crée d’autres critères de beauté. AfroPunk nous disait tout au long de ses festivals et de son magazine, soyons fière de notre afro-descendance mais si possible : light skin ou dark skin aux trains fins, cheveux colorés, mince ou forme bouteille coca-cola (bombasse selon les critères d’aujourd’hui, t’as saisi le point ou pas ?) piercé, tatoué (ouais trop cool). Si t’es un mec colore ta barbe ou mets des fleurs dans tes cheveux.

Bref si tu es digne d’avoir ta page TUMBLR ou ton compte instagram Beautiful Afro en mode t’es si belle melanin tout ça.

Avant que vous ne mettez ce billet sur le compte de la jalousie (je vous connait Internet) j’ai moi-même fait l’objet de plusieurs sollicitations pour des photos, alors même qu’il y’avait plein de jeunes filles magnifiques qui auraient eu le mérite d’être mises en valeur, des filles qu’on ne voit pas tous les jours et qui célèbrent la « beauté noire ». C’est simple j’avais sorti la totale, piercings, rouge à lèvres, tenue de foufou pour le plaisir de recevoir en France un festival dont on m’avait vanté les mérites.

Donc vous avez saisi, AfroPunk n’a pas échappé à la règle du « sois belle », selon quel critère, je ne sais point ou plutôt je sais et ça me rend triste.

Pour un festival qui se targue de sa différence, c’est ballot mais à mesure que je parcourais les comptes Instagram, Facebook de la marque (c’est bien ce que c’est) j’ai eu un déclic. Ce festival est donc un temple du paraître, belle selon leurs critères si possible.

Défaisons le monde tel qu’il est pour refaire pareil derrière. Désolé mais me taire sur ce point me paraitrai impossible. JUSTE NON, faut pas déconner.

Deuxième point et là je vous vois sourire, les américains (afros ou pas) ne changent pas, ils restent très centrés sur eux-mêmes. Il y’a un billet que j’aime relire de temps en temps, celui de Ms Dreydful sur les afro-américains : Black american activists : you don’t have a case with the Diaspora. Ce billet résume pour  moi tout leur côté selfish qu’on ne peut jamais nier, impossible. Ils essaient même pas.

Et le Festival AfroPunk c’était ça. T’as donc un festival gratuit  de Brooklynn qui célèbre la culture noire qui débarque en France et devient un événement In pour bobos. N’ayons pas peur des mots svp.

Le côté ghetto devient artistique, ton petit rhum est à 8 euros et les alocos à 5 euros. Et là celui qui me dira les prix de Paris, je réponds, il y’a pas que Paris (la banlieue, les autres villes, tout ça).

Pas un Black lives Matter (rires), un public tendance, c’est simple à 25 euros la place la journée, t’inquiètes pas que t’as exactement le public que tu veux. Donc on en revient au même problème avec les américains, la pauvreté de la communauté afro s’arrête pour eux à la frontière US. L’esprit du « no racism » aussi.

A vrai dire on était là pour voir les Kravitz et autres stars. La culture noire quoi, oooh c’est Paris, OSEF.

Comment peut-on être à ce point pertinent sur les problèmes touchant les afro-descendants aux USA et se dire qu’en France tout va bien. Ne pas s’informer un minimum.

Bref, je le redis, j’ai passé un bon moment parce que j’étais avec mes copines mais il y’a un vrai problème avec AfroPunk Paris. Et encore je vais pas trop étaler, too much.

*Note à moi-même : éviter les évènements afro-américains allant d’Angela Davis qui pratique limite la non-mixité aux US mais la France s’allie à tout en passant par les festivals afro-tout ce que vous voulez. Je passe mon tour*

Kylie Jenner challenge : les lèvres pulpeuses synonymes de beauté pour toutes (sauf les femmes noires)

Être une femme noire, on ne cessera de le dire, c’est avoir sans cesse l’impression de se faire spolier, déposséder de ce que l’on est, de ce que l’on représente surtout physiquement.

On nous voudrait transparentes, qu’on occupe moins de place. Nos cheveux, nos fesses, nos lèvres nous rendent trop visibles, sont moqués, ridiculisés quand beaucoup nous voudrait invisibles.

Et un beau jour, en 2015, on apprend que les lèvres pulpeuses, que l’on nous a donc longtemps appris à haïr en tant que femme noire devient donc un symbole de beauté, prisée par des centaines de jeunes filles pas noires (précision importante pour la suite) qui veulent à tout prix ressembler à leur idole :  Kylie Jenner.

Vous n’êtes surement pas passé à côté du Kylie Jenner Challenge. Challenge qui consiste à se gonfler par un système de succion les lèvres pour avoir une bouche pulpeuse est révélatrice d’un état d’esprit.

Les femmes noires subissent constamment de la société en général un rejet, et l’un des traits dont on devrait avoir honte est bien cette bouche pateuse avec ces lèvres trop grosses, beaucoup trop !

Épaisses sont nos lèvres.

Sauf que voilà, la dernière tendance à la mode est d’avoir une bouche pulpeuse. Le magazine Elle donne même à ces lectrices des conseils « pour rebondir sur cette grande tendance des lèvres pulpeuses, avec zoom sur 5 (bonnes) astuces pour avoir une bouche sexy sans passer par la case bistouri ! »

Pendant ce temps :

La pâtisserie Grasse continue à caricaturer entre autres les lèvres épaisses des négresses oups déesses PARDON

Les négr déesses de la pâtisserie Grasse
Les négr déesses de la pâtisserie Grasse

Rappel : les mots sont importants. Et épaisses resteront nos lèvres.

Résultats de Google quand on cherche des images pour lèvres pulpeuses, mot à consonance positive.

Résultat Google lèvre pulpeuse
Résultat Google lèvres pulpeuses

Résultats de Google quand on cherche lèvres épaisses, expression à connotation plus négative

Le mot clé lèvres épaisses correspond mieux à la femme noire
Le mot clé lèvres épaisses correspond mieux à la femme noire

Je laisse Gazi conclure parce qu’il le fait beaucoup mieux que moi

http://godgazi.tumblr.com/post/113808997756/i-made-this-video-a-while-ago-thought-yall-will

La Presse Française a un vrai problème avec les cheveux crépus.

Quand on découvre trois articles méprisants en moins d’un mois sur les cheveux crépus peut-on se dire sans paranoïa que la Presse Française a tellement intégrée le racisme lié aux afros, la négrophobie qu’elle ne s’en rend plus compte ? Je pense que Oui !

Tout commence avec les dessous de bras de Solange Knowles

Solange coiffé comme un dessous de bras, rien que ça

 

Ceux qui sont noires et abonnées ou adeptes du magazine Public (pas moi) ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’un afro laché serai donc une coiffure de dessous de bras.

Quand on voit comment il est difficile d’accepter le crépu en entreprise, et dans la vie de tous les jours, ce n’est pas une remarque anodine. L’article a provoqué un véritable tollé sur les réseaux sociaux, et la réponse du magazine Public a été… Une bonne couche de mépris, puisque les femmes noires ne méritent pas une réponse, encore moins une excuse.

Pour ne pas changer, c’est encore Public qui a récidivé avec les cheveux de North West. On parle bien de North  l’enfant en bas âge là sur la photo. Chez Public, se foutre des cheveux crépus c’est un sport qui commence tôt. Leur slogan pourrait être : de 2 ans à 30 ans aidons la femme noire à déprécier sa chevelure.

On apprend donc que les gènes de Kim Kardashian d’origine arménienne sont les bonnes : cheveux de rêves. Kayne West  afro-américain lui a les mauvais gênes, cheveux très frisés et North West semble subir les cheveux afros.

Rien que ça. La question que je me pose étant : la rédaction de Public a-t-elle des noires dans son entourage ? Parce que les cheveux de noires ne sont ni des dessous de bras, ni des mauvais gênes. Le point commun des articles est quand même une bêtise cumulée à une méconnaissance du cheveu crépu.

Enfin puisque jamais deux sans trois, c’est au tour de Voici de nous faire part de son avis sur les cheveux crépus.

Pour Voici, une coiffure afro, frise le ridicule (appréciez le jeu de mots, bravo le titrage, il a fallu creuser pour trouver ça)

La coiffure terrifiante, boule à la Jackson Five. Les réferences y sont. Manque plus que la boule disco et on aura fait le tour.

L’utilisation de jeu de mots comme : terrifiant, mauvais, ne ressemble à rien, nous montre de quoi il s’agit. De négrophobie. Les cheveux noirs font peur, sont mauvais. Devrait être caché comme des dessous de bras.

Pour conclure, les magazines people ont un problème avec les cheveux crépus qui peut se résumer à  : Quand on sait pas de quoi on parle, mieux vaut se taire.

Dans AfroPunk il y a AFRO

Beauté(s) noire(s) – 3 : à l’épreuve d’une sororité

Mrs. Roots

A Dictatindignés

Part 1: La femme noire et le white gaze

Part 2 : La misogynoir »

3. La sororité noire, une maltraitance parfois indicible

[SPOILERS SUR HALF OF THE SUN]

still-of-thandie-newton-in-half-of-a-yellow-sun-(2013)

Face à la déformation (hypersexualisée, entre autres) de son identité et la division intracommunautaire due à la misogynoire, le seul espace qui subsisterait, en toute logique, serait le groupe des femmes noires, dans leur diversité et la construction de leurs propres codes pour appréhender l’esthétique des femmes noires; mais les répercussions du racisme sont telles, qu’il demeure une scission entre elles; une rivalité intracommunautaire dite à demi-mots, et qui repose sur le colorisme.

Cette complexité, Chimamanda Adichie Ngozi la saisit dans son roman « Half of the Sun« , adapté au cinéma l’an dernier. Les entraves de la sororité font l’objet du roman, entre autres thématiques : en effet, à Lagos (Nigéria) Kainene et Olanna sont jumelles; dure à…

View original post 680 mots de plus

A Noël, tonton Martin le raciste a bon dos

Tous les ans à Noël le même cauchemar qui revient, des gens qui n’ont jamais été victimes de racisme de leur vie veulent faire croire que leur tonton raciste ne l’est pas tant que ça au fond, et surtout se paient le luxe de se plaindre à tout va de combien tonton Martin est raciste. Vous remarquerez d’ailleurs que c’est la seule période ou ces gens acceptent de parler de racisme tout court, parce que c’est pas bien méchant, et puis Tonton Martin, il a bon fond. On l’aime bien quand même (ou pas), ses blagues relous ne font de mal à personne après tout.

Et puis vous comprenez, je ne cautionne pas du tout ce que dis Tonton Martin.

Votre fable de Tonton Martin #quiabonfondmaisquesquilestraciste dit beaucoup plus sur la société Française que vous ne le pensez. Ça et le succès du film Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?  (1er au box office français en 2014). Vous savez ce film raciste qui décomplexe totalement le problème du racisme en ramenant tout cela à une histoire d’individus qui sont sympas après tout.

Et puis l’idée est la même, en France il n’y a pas de racisme institutionnel, même si le tonton raciste est au final le conseiller municipal de votre petit patelin près de Caen ou il fait voir de toutes les couleurs aux seuls noirs de la zone. Ce n’est pas grave. Mais nous (non blancs de France) on doit vous supporter soupirer, et vous aider à trouver des feintes pour vous débarrasser une fois par an de Tonton Martin :

Ahlala Tonton Martin est tellement raciste *rires* comment je vais m’en sortir pour pas entendre ses jérémiades. Dès qu’il a un coup dans le nez, on ne peut rien y faire.

Car votre seul rapport au racisme reste comment s’en sortir sans froisser Tonton Martin pendant les fêtes. Le lendemain vous retournerez dans le vrai monde *sans racisme oink oink*. Vous direz à votre collègue noir Jean, qui est le seul à ne pas avoir eu de promotion dans la boîte malgré ces dix ans de bons et loyaux services et commence à se poser la question si quand même, le chef serai pas un peu raciste ?

Vous direz  donc à Jean :

Tu vois le mal partout, on ne voit pas les couleurs, c’est raciste de dire ça.

Le nerf de la guerre ou la guerre des nerfs: la politique de financement du CNC

C’est assez étonnant qu’après on vienne nous dire : vous avez qu’à produire vos propres (films, expositions, documentaires) si vous voulez être écouté ! Sauf que nous avons derrière aucune aide de l’institution qui préfère supporter un artiste blanc, comme Brett Bailey sur les thématiques comme le racisme et oui on en revient encore ! On le martèlera jusqu’à ce qu’on nous écoute ! Alors oui au bout d’un moment face aux refus, je vois le mal partout
Je vous laisse lire le billet d’Amandine Gay sur la politique de financement du CNC (Centre national du cinéma)

badassafrofem

Cette histoire commence il y a environ deux ans quand je travaillais sur un scénario de programme court avec mon Angelica et 3 autres comédiennes. Il s’agissait d’une série humoristique, plus précisément une satire des magazines féminins mettant en scène 5 femmes qui se confrontaient aux injonctions des dits magazines. Il y était question de pilule, de harcèlement de rue, de carrière, de sexe etc. L’idée était de faire un programme qui passe le « Bechdel Test », à savoir un film/série où le personnage principal est une femme qui a une conversation seule avec une autre femme et cette conversation n’a pas trait aux hommes. (cf photo) Ce fut le début de ma confrontation avec l’institution audiovisuelle BLANCHE et souvent MASCULINE française. Je vous passe un rdv mythique où un producteur m’explique que le personnage de la lesbienne noire et sommelière n’est vraiment pas réaliste. Alors qu’évidemment, n’ayant qu’une imagination très…

View original post 911 mots de plus

L’esclavage c’est so glamour !

La mode, la mode, la mode ! Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu passer des accessoires de mode, et des mise en scène de magazines de mode « glamourisant » l’esclavage. C’est simple, la mode n’a aucun scrupule à mettre en scène un pan de l’histoire de l’humain noir tout simplement parce qu’on ne compte pas.

Pour compter il faudrait déjà qu’on soit humanisé tout simplement. Comme pour Brett Bailey qui nous ressert un zoo humain avec l’argument imparable de : c’est de l’art ! On a droit au même refrain pour les photos de mode.

Excusez-moi de ne pas me vouer corps et âme au sacro saint art et Dieu de la mode. Et pour ma part je ne trouve absolument pas subversif d’utiliser le vécu de gens et le faire passer pour de l’art.

Amnaa Aqeel shooting
Amnaa Aqeel shooting

Analysons cette première photo, des motifs rappelant l’Afrique, un garçon portant un sac et courbant la tête, que faut-il de créativité pour imaginer une scène qui a réellement pu se produire ?  Rectification : qui s’est vraiment produit. Loin de moi l’idée de faire un point Goldwin par facilité mais : imaginez-vous la même scène revenant sur les heures les plus sombres de la Seconde Guerre. Non, hein ? Alors, pourquoi il n’y a aucun scrupule à mettre en scène des noirs comme les esclaves que certains ont été ? Ne méritons nous pas un statut d’humain ?

Prenons un second exemple avec ce shooting représentant une femme blanche assise sur une femme noire faisant office de  meuble, vraiment ?

 Buro 24/7,

Le problème des gens défendant ces shooting racistes, c’est de croire qu’on partage le même passé, ce qui n’est pas le cas. Devons-nous reparler, rappeler à chaque fois les siècles d’esclavages ? Du fait qu’on ai pas la même sensibilité ?

Quand je regarde ces photos, je me dis seulement que j’ai eu le privilège d’être née quelques siècles plus tard. Car en tant que descendante d’une nation d’ancien esclaves, je considère que ce n’est pas s’apitoyer sur notre sort que de demander un tant soi peu de considération pour ce que l’Histoire a été !

Mango

A chacun de prendre sa responsabilité. On ne peut pas nous reprocher sans cesse de « faire le jeu des extrémisss » de ce qu’on ne peut plus rien diiiiiire, quand ceux qui sont piétinés à chaque instant reste les mêmes.