L’esclavage c’est so glamour !

La mode, la mode, la mode ! Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu passer des accessoires de mode, et des mise en scène de magazines de mode « glamourisant » l’esclavage. C’est simple, la mode n’a aucun scrupule à mettre en scène un pan de l’histoire de l’humain noir tout simplement parce qu’on ne compte pas.

Pour compter il faudrait déjà qu’on soit humanisé tout simplement. Comme pour Brett Bailey qui nous ressert un zoo humain avec l’argument imparable de : c’est de l’art ! On a droit au même refrain pour les photos de mode.

Excusez-moi de ne pas me vouer corps et âme au sacro saint art et Dieu de la mode. Et pour ma part je ne trouve absolument pas subversif d’utiliser le vécu de gens et le faire passer pour de l’art.

Amnaa Aqeel shooting
Amnaa Aqeel shooting

Analysons cette première photo, des motifs rappelant l’Afrique, un garçon portant un sac et courbant la tête, que faut-il de créativité pour imaginer une scène qui a réellement pu se produire ?  Rectification : qui s’est vraiment produit. Loin de moi l’idée de faire un point Goldwin par facilité mais : imaginez-vous la même scène revenant sur les heures les plus sombres de la Seconde Guerre. Non, hein ? Alors, pourquoi il n’y a aucun scrupule à mettre en scène des noirs comme les esclaves que certains ont été ? Ne méritons nous pas un statut d’humain ?

Prenons un second exemple avec ce shooting représentant une femme blanche assise sur une femme noire faisant office de  meuble, vraiment ?

 Buro 24/7,

Le problème des gens défendant ces shooting racistes, c’est de croire qu’on partage le même passé, ce qui n’est pas le cas. Devons-nous reparler, rappeler à chaque fois les siècles d’esclavages ? Du fait qu’on ai pas la même sensibilité ?

Quand je regarde ces photos, je me dis seulement que j’ai eu le privilège d’être née quelques siècles plus tard. Car en tant que descendante d’une nation d’ancien esclaves, je considère que ce n’est pas s’apitoyer sur notre sort que de demander un tant soi peu de considération pour ce que l’Histoire a été !

Mango

A chacun de prendre sa responsabilité. On ne peut pas nous reprocher sans cesse de « faire le jeu des extrémisss » de ce qu’on ne peut plus rien diiiiiire, quand ceux qui sont piétinés à chaque instant reste les mêmes.

Jargon de Femmes Noires à la portée de tous

Je préviens ceci n’est pas un post parodique, ou appelant au shitstorm, j’y ai pensé après le billet de Acontrario sur le jargon utilisé par certain-e-s sur Twitter qui peut ne pas être à la portée de tous. Je crois toujours que la plupart d’entre nous sont ouvert-e-s à expliquer de quoi on parle et à qui on s’adresse. Que quand certain-e-s se donnent la peine, comme plusieurs d’entre nous l’ont fait on arrive à s’y retrouver plus ou moins rapidement pour les termes utilisés mais il est important que cela soit fait.
Parce que oui, le but c’est pas de créer un microcosme mais d’arriver à sensibiliser le plus de monde que possible.
J’essaierais donc de mettre à jour au fur et à mesure ce petit précis/dico/fourre tout d’expressions.
Étant femme et noire, je vais m’intéresser qu’aux termes me concernant, parce qu’il y’en a trop et je veux pas dire de la merde j’invite donc tout le monde à faire autant si possible. Les blogs/ compte Twitter avec des termes un peu compliqués j’entend bien.

Mots utilisés par des féministes non blancs et leurs significations.

Intersectionnelle : concept sociologique développée par la féministe Kimberlé Crenshaw selon lequel les formes de domination et de discrimination comme le racisme, le sexisme et l’homophobie sont en liens. Ceux qui se disent intersectionnelles pensent que les rapports de dominations ne peuvent être expliqués en laissant de côté une forme ou autre de discrimination/rapport de domination.
Pour aller plus loin sur le sujet
L’INTERSECTIONNALITÉ EN QUESTION (1) : LA DÉPOLITISATION BLANCHE

POC : abréviation en anglais de Person of color, autrement dit personne de couleur ou toute personne non-blanche. C’est un terme principalement utilisé aux États-Unis.

Racisé-e-s : ce mot est souvent utilisé sur Twitter ou sur le blog de personnes non blanches mais si vous cherchez dans le dictionnaire, laissez tomber, car il n’existe pas. Il est utilisé pour parler de personnes non blanches encore une fois. Je ne vais pas débattre ici du fait que ce mot n’existe pas, juste ça m’arrange parfois de l’utiliser comme ça tout le monde mon monde voit de quoi je parle.

White Tears : C’est le fait pour une personne blanche de venir systématiquement se plaindre quand on essaie de parler de notre vécu/ nos expériences en tant que non-blanc. Exemple : on parle du racisme sur Twitter il y’a toujours quelqu’un qui débarque dans la conversation en mode Nous aussi on s’est fait traiter de sale blanc, c’est du racisme. Non ça n’a rien à voir le fait de comparer un système de domination et des cas de haine raciale (mais ça c’est encore un autre post de blog si Dieu et Ophélie me donnent la foi.)

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« Quelqu’un veut-il penser aux blancs 😢 » ça c’est un gif que moi j’aime bien balancer quand on me fait du white tears

Privilège blanc : Ce sont un ensemble d’avantages dont peuvent bénéficier uniquement les personnes blanches. Le privilège blanc c’est que la norme dans la société n’est pas être non blanc, je te vois t’offusquer mais c’est comme ça. Exemples type de privilège blanc : la recherche d’appartement, le contrôle de faciès et autres joyeusetés.
Pour aller plus loin : L’autre versant du racisme : le privilège blanc

Oppression : c’est une discrimination d’un groupe social par le système social et cela de façon systématique. Le racisme, le sexisme, la transophobie ou encore la grossophobie sont des oppressions. De part leur situation, les intersec (à l’intersection de plusieurs dominations comme on disait plus haut) subissent souvent plusieurs oppressions.

Appropriation Culturelle : C’est s’approprier des éléments de la culture d’un groupe social, comme les tenues traditionnelles , la musique et l’art quand la culture est minoritaire le plus souvent et le transformer ou/et tourner en ridicule.
Sur cette photo par exemple non seulement Katy Perry reprend tous les codes de la culture noire américaine mais c’est clairement fait pour se foutre de la femme noire cliché ghetto. Si, si. Moi cette expression je l’utilises juste pour me moquer.

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Pour aller plus loin : Petites notes sur l’appropriation culturelle

Enfin dernier mot et pas des moindres le Black Face : le Black Face consiste à se noircir la peau pour caricaturer un noir. Cette pratique remontant probablement au XVI ème siècle est raciste parce qu’il est utilisé pour se moquer (oui encore, c’est marrant se moquer des noirs il parait). Être noire étant mon « accoutrement » de tous les jours, permettez que je m’offusque de ceux qui trouve ça marrant de faire rire les copains en se mettant de la suie sur le visage. POINT
Pour aller plus loin : Pourquoi se déguiser en Noir n’est pas une bonne idée

Je n’ai pas l’habitude de bloguer. Je le fais rarement donc si vous souhaitez que j’allonge la liste avec des mots à ajouter ou vous trouvez certaines définitions problématiques. Faites moi savoir les Zinternet, dans le respect SVP.

#FRANCE : Scholastique Mukasonga écrivaine , prix Renaudot 2012

Scholastique Mukasonga est née au sud-ouest du Rwanda à la fin des années 50. Elle et sa famille ont été déportés à Nyamata au Bugesera en 1960. Elle appellera cela « un exil de l’intérieur ». La région du Bugesera, insalubre en raison de la présence de nombreux marais, était le lieu de déportation de Tutsi du nord, rescapés des massacres ethniques. On y voit déjà les prémices du génocide rwandais. En 1973, Scolastique et l’un de ses frères se réfugient au Burundi pour poursuivre leurs études. Au Burundi, elle obtient son diplôme d’assistante sociale en 1975 et a entres autres travaillé sur un projet de développement rural de l’Unicef pour la province de Gitega. Elle vit en France depuis 1992. Son premier livre Iyenzi ou les cafards l’a fait vraiment connaitre du grand public.
Dans cet ouvrage, elle y retrace sa vie au Rwanda mais aussi en tant qu’exilée depuis 1950 et met en lumière quarante ans de persécutions des Tutsi au Rwanda. En commençant par les premiers pogromes contre les Tutsi à la Toussaint 1959.

Scholastique Mukasonga n’a pas vécu le génocide rwandais en 1994 mais elle y perdra une bonne partie de sa famille : son père, sa mère, des soeurs et leurs familles ainsi que l’un de ses frères. Par ce premier ouvrage l’écrivaine accomplit d’ailleurs son devoir de mémoire.

Son deuxième roman : La femme aux pieds nus a remporté le prix Seligmann 2008 contre le racisme, l’injustice et l’intolérance.
Son livre le plus couronné par la critique est Notre-Dame du Nil qui a obtenu trois prix : Ahmadou Kourouma décerné par le Salon international du livre et de la presse de Genève, le prix Océans France Ô et enfin le prestigieux prix Renaudot de 2012.
Son dernier ouvrage, une série de nouvelles intitulé Ce que murmurent les collines est disponible en librairie depuis le 27 mars 2014.