Après #OuvrirlaVoix

Il est là ! Le documentaire #OuvrirlaVoix est en salles et affiche complet. C’est avec une fierté mêlée de joie que je suis la couverture médiatique et également l’engouement que suscite le film. Au prix de nombreux sacrifices pour Amandine, qui est vraiment la seule qui aurai pu porter ce projet . J’en profite pour la remercier encore une fois ; merci de m’avoir donné la chance de participer à ce documentaire. 
Je me suis également fait la réflexion que je n’avais jamais vraiment pris le temps de vous parler depuis longtemps. La plupart de mon audience provenant de Twitter je présume que vous avez remarqué que j’y suis moins présente. La raison de mon éloignement est avant tout profesionnelle, je suis désormais en freelance, avec des horaires décalés et si je commençais à passer mon temps dessus, je ne gagnerai tout simplement pas d’argent disons les choses pour ce qu’elles sont 😂 ! Il y a aussi que j’expérimente plutôt une phase « introspective ». Je suis en ce moment à un carrefour de ma vie pro : partir à l’étranger ou rester. Au quotidien, j’arrive à repousser l’échéance mais je sens venir le jour ou je vais bien devoir me lancer. Étant mariée, laisser définitivement la France n’impactera pas que moi, ce n’est donc pas une décision à prendre à la légère. Peu importe ce qui sortira de toutes ces incertitudes ce sera une décision mûrement réfléchi et probablement une étape importante dans ma vie d’adulte. Même si je décide au final de rester… Le cap des 28 ans que je m’apprête à franchir amène son lot de reflexions, je crois que vous avez saisi l’idée.

Mais j’en parle ici parce qu’au moment du tournage d‘#OuvrirlaVoix je ne me voyais pas quitter la France et maintenant cet idée ne me fait plus peur, bien au contraire ! L’année 2016 m’a fait grandir, et les bandes-annonces du film m’ont rendu nostalgique. Les tournages datent de presque deux ans et si je reconnais bien la Taïna combattive, j’ai sur elle un regard plus posé, plus mature. Est-ce que j’ai gagné en sagesse ? Je ne crois pas. Mais des problèmes de santé, une période de chômage, un deuil familial, un stress post-traumatique reveillé à cause des attentats et une dépression plus tard (merci 2016) je peux désormais pleinement assumer  que je veux deux choses plus que tout. Plus que le fait de combattre le racisme avec mon armure de libre penseuse et ma licorne magique. Je veux avant tout écrire et être en paix avec moi-même.

J’ai toujours aimé écrire et j’ai la chance de pouvoir excercer un métier qui me permet de jongler avec les mots. Journaliste, community manager ou rédactrice web en freelance, profesionnellement j’ai la casquette que le client veut bien me donner et cela ne me dérange même pas. Ce qui compte pour moi c’est surtout créer, écrire même un banal communiqué de presse.  Je crois au pouvoir des mots.

Écrire occupe même mes loisirs puisque je suis une blogueuse. Il était aussi temps que j’assume ce statut tant haï de blogueuse après 23 articles, 53 000 vues sur mon blog, des contributions ou vous m’avez encouragé pour des projets me portant à coeur. Mais aussi des idées décousues plein mon ordi, une tribune avortée pour le HuffPost (Blame on Hillary on lui demandait juste de gagner pour que je puisse vous donner mon avis éclairé d’afro féministe sur la première femme présidente du monde libre 😂🙃) 

J’ai souvent voulu vous écrire ce billet mais plutôt en version thread Twitter, dire ce qui n’allait pas, pour pouvoir passer à autre chose le coeur léger, mais ce n’était peut être pas encore le bon moment. Si je ne souhaites pas à fermer mon compte vous allez plus cependant me voir  RT des gifs de Rihanna, parler de Queen Sugar plus que débattre, ou étaler ma vie privée ou mes opinions politiques. Si je ne suis pas sûre de tout, je suis au moins sûre deux choses : 

1 – Pour être en paix avec moi-même il me faut ma quiétude et je dois cesser de culpabiliser d’en avoir besoin de cette paix. Hors sur Twitter on aborde souvent des sujets qui prennent aux tripes, choisir d’y être n’est pas vraiment ce qu’il est recommandé en cas de recherche du #selfcare.

2 – M’entourer d’énergie négative ne m’aidera pas à aller mieux. Et sur Twitter en tout cas l’usage que j’en ai fait depuis le début, la colère est le sentiment qui m’a le plus animé avec du recul.

Une fois ces deux vérités posées, c’était plus facile de se détacher car ce réseau est à la réflexion un endroit à eviter si on aspire à la paix. Surtout que je ne ressentais plus le besoin de combattre. La sortie du film coïncide aussi avec ma prise de conscience de cet evidence, ce qu’on a construit sur Twitter en devenant cette communauté fait des émules. Social justice warrior, afro féministe, grande défenseresse du pantone, lit de tous les extrêmes. On nous a donné, on m’a donné tous les noms mais ces moments que j’ai partagé sur Twitter on crée de vrais projets, parfois avortés parce que les histoires d’amour finnissent mal en géneral (shaaade). Plus sérieusement si de cet infini d’idées jaillit de l’espoir alors le jeu en vaut la chandelle. Je raccroche des débats le coeur léger, fière de la littétaire Mrs Roots, fière de la réalisatrice Amandine, et de tant d’autres. Mais aussi de Fania reine ultime de l’organisation créant des projets qui souvent divisent ce qui force beaucoup à se remettre en question. Il y aussi celles que je ne cite pas, nos moments partagés, que je garde par pudeur et elles savent la place qu’elles ont dans mon coeur. On était invisible et maintenant je nous sent invincible. 

De ce petit mouvement sur ce petit coin de la Twittosphère entre mes gifs de Rihanna et mes soupirs d’exaspération sur le dernier épisode de Walking Dead, je continuerais à tout suivre avec fierté et je peux me dire en me libérant de toute culpabilité devant mon peu de résistance face aux combats 😬 qu’il existe un endroit, pour une jeune femme noire en France soûlée par le sexisme, le racisme, l’homophobie, l’islamiphobie de cette société. Surtout en ces temps à venir de période électorale. Il suffit de se connecter à ce petit oiseau bleu, suivre le fil des tag #afrofeministe #sororité et si tu es une jeune femme noire un peu perdue tu pourras te découvrir, te ressourcer, te sentir moins invisible. Je ne te dis pas que ce sera sans embûches, c’est un chemin douloureux à entreprendre. Mais ce que tu y découvrira sera merveilleux, je t’en fais la promesse. Car de cette réalité virtuelle nous avons réussi à créer tout un nouveau monde. 

Voilà tout ce que je voulais partager avec vous aprés #OuvrirlaVoix.

Avec Amour 💞

Taïna 

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