Il était une fois Lil Uzi Vert, Lil Yatchy et la masculinité noire

Pas besoin de le préciser mais  : je ne suis pas critique musicale, mon billet ne va donc pas aborder cet aspect de la question, ni le fameux débat Lil Uzi Vert, Young Thug, Lil Yatchy ce ne sont pas des vrais rappeurs. Je ne suis pas là pour juger des sons de la nouvelle géneration de rappeurs tels que Lil Uzi Vert, Lil Yatchy. J’ai même quelques uns dans ma playlist donc ce serai un peu gonflé de ma part 

Je vais plutôt m’intéresser à leur perception dans la pop culture par leur style vestimentaire et le message qu’ils véhiculent .

Avant toute chose je n’avais pas  l’intention de réagir à cette polémique que je jugeais bien américaine. J’ai naïvement sous estimé son impact ici jusqu’au détour de ses tweets. 


J’ai appris à ne plus trouver rageant que ces remarques viennent de jeunes hommes noirs. Surtout après 8 ans sur Twitter. Cette situation m’attriste, ce qui me pousse à écrire ce billet. Si un seul de ceux (nombreux malheuresement) qui ont ce genre de pensées arrive à lire jusqu’à la fin, je me dis que c’est déjà une petite victoire. Je sais que vous êtes également nombreu.ses à pas savoir comment expliquer aux jeunes cousins/frères que sortir des propros dénigrants envers les minorités quand on est soit même une minorité ne fait au final du mal qu’à eux-mêmes.

 J’ai pris cet exemple, mais n’allez surtout pas taper Lil Uzi Vert dans la barre de recherche de Twitter. Moi je voulais juste voir le t-shirt de la contreverse. Pas tomber en 2017 sur un tas de gens pertubés par un t-shirt troué et un collier clouté. On en est donc encore là…

 Si t’es un homme noir qui trouve ce genre de remarques pertinents/déconnants. Sache que : Les hommes noirs (donc toi) sont les premiers à souffrir de l’image hyper masculinisé  et/ou politiquement « respectable » qui leur est imposé. Respectable entre guillements car les critères de cette dite respectabilité sont toujours flous et sans cesse repoussé. Dans un monde ou la valeur d’une vie noire est en dessous de zéro, les remarques incessantes homophobes/et autres joyeusetés concernant ces jeunes quand bien même c’est pour faire le buzz OSEF, ou encore ce qu’ils font c’est du déjà vu OSEF ceci est un non sujet sont d’un extra. EXTRA inutile.

Le sujet n’est pas non plus celui du ce serai peut être intelligent d’arrêter le selfhate. Non, le point est tout simplement de pouvoir s’exprimer, afficher sa différence. Qu’on le veuille ou non l’existence de ces artistes est un hymne à la différence. Cette différence que l’on prône sans cesse au sein de nos communautés ne peut pas être uniquement celle qui nous arrange. Leur musique est trash ? Personne t’obliges à l’écouter. Leur tenue te pique les yeux ? Est-ce même toi qui paie ?

Beaucoup d’internautes américains l’ont déjà souligné, MJ et Prince à leur époque avait fait face aux mêmes critiques et on connait la suite. Puis il en faut bien pour tous les gôuts. 

Quand je vois cette belle pochette de Lil Yatchy qui mérite le prix la plus inclusive du rap game , Young Thug mannequin pour Calvin Cklein femme et le projet capillaire à lui tout seul d’Uzi 😜 j’ai envie de dire, lâchez leur un peu la grappe, et comme dirait les ricains lets just be black & prosper together !

Queen Sugar et la vulnérabilité de l’homme noir

C’est l’un de mes coup de cœur 2016, Queen Sugar créée et dirigée par le cinéaste Ava DuVernay à qui on doit Selma et I will Follow. Elle nous offre avec cette série une vision intimiste de la vie d’une famille afro-américaine en Louisiane. Je souhaite parler dès maintenant (avant visionnage des derniers épisodes) de Queen Sugar qui j’espère aura beaucoup de saisons, parce qu’elle est la preuve vivante de l’utilité du slogan #RepresentationMatters.

Le synopsis pour celleux qui ont pas encore vu : Suite au tragique décès de leur père, trois frère et sœurs doivent unir leurs forces pour reprendre les rennes de la ferme familiale de canne à sucre.

Les personnages ont été écrites par une afro-américaine et ça se voit. Jamais dans le cliché, et surtout sans fard, aucune fausse note jusqu’au choix du soundtrack musique qui est juste parfaite.
Queen Sugar c’est également une série qui tombe à pic en ces moments troubles de tension raciale aux USA. Là je précise aux États-Unis parce que cette série soulève des problématiques spécifiques aux afro-américains et aux afros vivant aux USA. Cela n’empêche en rien de trouver des similitudes avec la situation des Noirs en général, mais il ne faut surtout pas trop s’approprier l’histoire que veut nous raconter Ava DuVernay. Je sais que ma phrase peut sonner bizarrement, mais tous les détails sont «américano centré» du choix du décor (la plantation de canne pour la grande majorité des scènes), de la ville (Louisiane) et aussi de la narration. Pour ma part, je peux apprécier une série sans qu’elle me soit forcément destinée et ce qu’il y’a pour moi de plus percutant c’est le rôle de Ralph Angel interprété par le magnifique Kofi Siriboe.

COUCOU TOI
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Plus sérieusement ce rôle est en opposition directe avec les stéréotypes souvent associés à l’homme noir à la télé. Mais sans faire abstraction des préjugés lié à la condition d’homme noir. Le plus souvent on se retrouve avec la mère célibataire et le père absent, Ava DuVernay fait le contraire et montre plutôt la vie d’un père célibataire. Ces galères de père célibataire, ancien prisonnier qui essaie de combattre un système ou qu’importe le choix, le perdant sera toujours lui. Entouré de deux sœurs, il est celui ayant le moins réussi socialement et ce n’est pas anodin.

Je suis fan de séries pour des chef-d’œuvre de ce genre, dans une société américaine ou les hommes afros sont incarcérés en masse alors que les femmes afro-américaines sont de plus en plus diplômées ce qui ne les protège pas pour autant mais autre débat, réussir à nous montrer la vulnérabilité de l’homme noir, mais aussi le traitement sexe/race de la société américaine dans toutes ses sournoiseries relève tout simplement du génie.

 

 

#Lemonade : hymne à la libération de la femme noire

Je dois avouer que je ne me rendais bien compte que j’avais arrêté d’écrire par manque total d’inspiration. Cela fait maintenant près de six mois que j’ai perdu l’envie mais un album comme #Lemonade vaut bien le coup que je sorte de mon apathie alors merci Beyoncé !

Par sa sensibilité, cet album m’a vraiment touché. Mon rapport avec Beyoncé a toujours été assez complexe. Pendant longtemps je lui ai reproché un son trop lisse, le mot « trop » toujours me venant à l’esprit. J’étais vraiment le genre de personne à lui reprocher son perfectionnisme.

Dès les premières notes, ce qui m’a surprise c’est de trouver un album aussi personnel. Il faut dire que BEYONCE en 2013 avait déjà fait une grande partie du travail. Mon enthousiasme pour cet album féministe ne tarira jamais.

Mais revenons à #Lemonade !

On ne peut pas passer à côté du fait que cet album parle de sa vie intime avec Jay-Z. J’ai vu passer plusieurs tweets rigolant du fait qu’on est peut être en train d’assister à un divorce en direct. On a l’habitude de voir Beyoncé parler de Jay-z mais plutôt à coup de Drunk in love et Crazy in love. Pas de Hold up et don’t hurt yourself… Mais au-delà de la dimension personnelle, aborder le thème de l’infidélité et du pardon en passant de la dureté à la douceur dans le même album. Quelle finesse !

En tant que femme noire j’ai appris à cacher ce que je ressens, qu’il s’agisse de la colère thème récurrent que l’on retrouve à plusieurs reprises, ou de combattre mes propres insécurités et je peux comprendre comment il est difficile de se dévoiler dans un monde qui ne nous pardonne rien.

Raison pour laquelle je dirais qu’avec #Lemonade on assiste à la libération de Beyoncé
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Et voir une Beyoncé libre de toute politique de respectabilité  est la plus belle chose qui me soit donnée de voir. Je me sens chanceuse de vivre l’émancipation en directe d’une telle chanteuse.

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On a aussi ce besoin de liberté.

Et cette soif de justice.

Je pense que ça doit être la raison pour laquelle j’ai pleuré à l’écoute de Freedom.

Dans Freedom Beyoncé fait un parallèle entre la situation des afro-américains à l’époque de l’esclavage et la situation à l’époque actuelle, référence directe au #BlackLivesMatter avec en fond un parterre d’invités de Michaela de Prince en passant par Zendaya. Freedom me parle plus qu’aucune autre chanson ne l’a jamais fait dans ma vie.

Lemonade c’est aussi :

Une chanson comme All Night célébrant L’AMOUR inclus black love et les couples mixtes c’est pas que non blanc/blanc *tousse*

Hot sauce qui n’est autre que la batte  de Beyonce et ça on s’y attendait pas
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Après #OuvrirlaVoix

Il est là ! Le documentaire #OuvrirlaVoix est en salles et affiche complet. C’est avec une fierté mêlée de joie que je suis la couverture médiatique et également l’engouement que suscite le film. Au prix de nombreux sacrifices pour Amandine, qui est vraiment la seule qui aurai pu porter ce projet . J’en profite pour la remercier encore une fois ; merci de m’avoir donné la chance de participer à ce documentaire. 
Je me suis également fait la réflexion que je n’avais jamais vraiment pris le temps de vous parler depuis longtemps. La plupart de mon audience provenant de Twitter je présume que vous avez remarqué que j’y suis moins présente. La raison de mon éloignement est avant tout profesionnelle, je suis désormais en freelance, avec des horaires décalés et si je commençais à passer mon temps dessus, je ne gagnerai tout simplement pas d’argent disons les choses pour ce qu’elles sont 😂 ! Il y a aussi que j’expérimente plutôt une phase « introspective ». Je suis en ce moment à un carrefour de ma vie pro : partir à l’étranger ou rester. Au quotidien, j’arrive à repousser l’échéance mais je sens venir le jour ou je vais bien devoir me lancer. Étant mariée, laisser définitivement la France n’impactera pas que moi, ce n’est donc pas une décision à prendre à la légère. Peu importe ce qui sortira de toutes ces incertitudes ce sera une décision mûrement réfléchi et probablement une étape importante dans ma vie d’adulte. Même si je décide au final de rester… Le cap des 28 ans que je m’apprête à franchir amène son lot de reflexions, je crois que vous avez saisi l’idée.

Mais j’en parle ici parce qu’au moment du tournage d‘#OuvrirlaVoix je ne me voyais pas quitter la France et maintenant cet idée ne me fait plus peur, bien au contraire ! L’année 2016 m’a fait grandir, et les bandes-annonces du film m’ont rendu nostalgique. Les tournages datent de presque deux ans et si je reconnais bien la Taïna combattive, j’ai sur elle un regard plus posé, plus mature. Est-ce que j’ai gagné en sagesse ? Je ne crois pas. Mais des problèmes de santé, une période de chômage, un deuil familial, un stress post-traumatique reveillé à cause des attentats et une dépression plus tard (merci 2016) je peux désormais pleinement assumer  que je veux deux choses plus que tout. Plus que le fait de combattre le racisme avec mon armure de libre penseuse et ma licorne magique. Je veux avant tout écrire et être en paix avec moi-même.

J’ai toujours aimé écrire et j’ai la chance de pouvoir excercer un métier qui me permet de jongler avec les mots. Journaliste, community manager ou rédactrice web en freelance, profesionnellement j’ai la casquette que le client veut bien me donner et cela ne me dérange même pas. Ce qui compte pour moi c’est surtout créer, écrire même un banal communiqué de presse.  Je crois au pouvoir des mots.

Écrire occupe même mes loisirs puisque je suis une blogueuse. Il était aussi temps que j’assume ce statut tant haï de blogueuse après 23 articles, 53 000 vues sur mon blog, des contributions ou vous m’avez encouragé pour des projets me portant à coeur. Mais aussi des idées décousues plein mon ordi, une tribune avortée pour le HuffPost (Blame on Hillary on lui demandait juste de gagner pour que je puisse vous donner mon avis éclairé d’afro féministe sur la première femme présidente du monde libre 😂🙃) 

J’ai souvent voulu vous écrire ce billet mais plutôt en version thread Twitter, dire ce qui n’allait pas, pour pouvoir passer à autre chose le coeur léger, mais ce n’était peut être pas encore le bon moment. Si je ne souhaites pas à fermer mon compte vous allez plus cependant me voir  RT des gifs de Rihanna, parler de Queen Sugar plus que débattre, ou étaler ma vie privée ou mes opinions politiques. Si je ne suis pas sûre de tout, je suis au moins sûre deux choses : 

1 – Pour être en paix avec moi-même il me faut ma quiétude et je dois cesser de culpabiliser d’en avoir besoin de cette paix. Hors sur Twitter on aborde souvent des sujets qui prennent aux tripes, choisir d’y être n’est pas vraiment ce qu’il est recommandé en cas de recherche du #selfcare.

2 – M’entourer d’énergie négative ne m’aidera pas à aller mieux. Et sur Twitter en tout cas l’usage que j’en ai fait depuis le début, la colère est le sentiment qui m’a le plus animé avec du recul.

Une fois ces deux vérités posées, c’était plus facile de se détacher car ce réseau est à la réflexion un endroit à eviter si on aspire à la paix. Surtout que je ne ressentais plus le besoin de combattre. La sortie du film coïncide aussi avec ma prise de conscience de cet evidence, ce qu’on a construit sur Twitter en devenant cette communauté fait des émules. Social justice warrior, afro féministe, grande défenseresse du pantone, lit de tous les extrêmes. On nous a donné, on m’a donné tous les noms mais ces moments que j’ai partagé sur Twitter on crée de vrais projets, parfois avortés parce que les histoires d’amour finnissent mal en géneral (shaaade). Plus sérieusement si de cet infini d’idées jaillit de l’espoir alors le jeu en vaut la chandelle. Je raccroche des débats le coeur léger, fière de la littétaire Mrs Roots, fière de la réalisatrice Amandine, et de tant d’autres. Mais aussi de Fania reine ultime de l’organisation créant des projets qui souvent divisent ce qui force beaucoup à se remettre en question. Il y aussi celles que je ne cite pas, nos moments partagés, que je garde par pudeur et elles savent la place qu’elles ont dans mon coeur. On était invisible et maintenant je nous sent invincible. 

De ce petit mouvement sur ce petit coin de la Twittosphère entre mes gifs de Rihanna et mes soupirs d’exaspération sur le dernier épisode de Walking Dead, je continuerais à tout suivre avec fierté et je peux me dire en me libérant de toute culpabilité devant mon peu de résistance face aux combats 😬 qu’il existe un endroit, pour une jeune femme noire en France soûlée par le sexisme, le racisme, l’homophobie, l’islamiphobie de cette société. Surtout en ces temps à venir de période électorale. Il suffit de se connecter à ce petit oiseau bleu, suivre le fil des tag #afrofeministe #sororité et si tu es une jeune femme noire un peu perdue tu pourras te découvrir, te ressourcer, te sentir moins invisible. Je ne te dis pas que ce sera sans embûches, c’est un chemin douloureux à entreprendre. Mais ce que tu y découvrira sera merveilleux, je t’en fais la promesse. Car de cette réalité virtuelle nous avons réussi à créer tout un nouveau monde. 

Voilà tout ce que je voulais partager avec vous aprés #OuvrirlaVoix.

Avec Amour 💞

Taïna 

This is Us et l’adoption interraciale

C’est la série phénomène de la rentrée, la série cumule des scores d’audience impressionnants, ce qui a suffi à attiser ma curiosité.

Synopsis : Il y a en moyenne 18 millions d’êtres humains qui partagent le même jour d’anniversaire à travers le monde. Mais il existe une famille, répartie entre New York et Los Angeles, dont quatre des membres sont nés le même jour ! Voici leur histoire drôle et émouvante…

Sachez déjà que ce drame familial ne se résume vraiment pas à ces deux phrases. Si les personnages m’ont tous un peu séduit, je vais continuer à suivre cette série pour une seule raison : elle parle d’adoption interraciale ce qui est assez rare pour être souligné. On peut suivre en partie la double vie de l’un des personnages principaux : Randall adopté qui navigue entre deux identités. Cette notion de dédoublement est très présente et la série essaie de l’aborder avec franchise. Comme ce moment ou la mère de Randall avoue son désarroi face à cet enfant qui peut parfois lui être étranger .

 

La série ne parle pas de l’adoption en survolant uniquement la question des liens de sang comme c’est fait dans à peu près toutes les séries sur l’adoption mais s’évertue à montrer tout au long des épisodes, certes dans une ambiance assez grand public et romancée, toutes les difficultés de l’adoption interraciale.

Dans un interview pour USA TODAY, l’acteur qui campe Randall  (Sterling K. Brown) le souligne :

« L’adoption, en particulier l’adoption interraciale, n’est pas souvent explorée à la télévision, il sera intéressant de voir la socialisation de Randall, comment il interagit avec la communauté afro-américaine, comment sa femme (Susan Kelechi Watson) le justifie … les luttes de ses parents pour lui présenter sa culture, les choses qu’ils doivent apprendre »

Je ne veux pas vous spoiler mais il y’a des moments de friction assez… intéressant qui permette de soulever des questions « tabous » concernant l’adoption interraciale tout au long de la première saison. young-randall-and-jack-gif

Attention cependant, je le rappelle la série reste bon enfant, ce qui explique son succès en terme d’audiences puis il n’y a pas que Randall comme personnage principal à suivre. On est loin d’une parole déconstruite sur la question mais on est également loin du discours visant à sacraliser le sujet.

*Si le thème de l’adoption interraciale vous intéresse, n’hésitez pas à faire un tour sur la page d’Amandine Gay : Mon adoption, ma narrration.*

Jessica Jones et le stress post-traumatique

Quand Netflix a annoncé la production d’une série avec cette-fois une femme en super-héroïne ; la question pour moi était surtout de savoir si Jessica Jones allait combler mes attentes ?

Si vous recherchez une héroïne en combinaison moulante, passez votre chemin. Je n’ai rien contre, mais que Jessica Jones cultive plutôt un look discret paraît un choix judicieux. La jeune justicière possédant son agence de détective privée se retrouve malgré elle happé par son passé traumatisant, autant vous dire que tout miser sur le costume aurai été une très mauvaise idée.

La série a coché la liste de choses à faire. En plus d’une perso principale sans clichés; Netflix ne rend pas son personnage Marvel solitaire. La justicière n’est jamais seul et a besoin de l’aide de ses proches ce qui lui permet d’être imparfait et vulnérable. Bon on comprend que c’est aussi un choix stratégique pour nous présenter en douceur des personnages comme Luke Cage héros de la série Netflix éponyme mais c’est ok pour moi.

Je ne sais toujours pas si Jessica Jones est un antihéros. Parce que d’aussi loin que je remonte; tous les héros à cape de mon enfance ont ce côté homme/femme brisé mais aussi parce qu’au finale péter un câble et l’assumer est en soi un acte héroïque.

Jessica Jones prend des mauvaises décisions, garde trop de secrets et peut être parfois irresponsable mais elle sauve quand même le monde. Puis c’est un tel plaisir de retrouver Krysten Ritter après Véronica Mars et Don’t Trust the Bitch in Apartment 23 qui joue tellement bien la justicière meurtrie et traumatisée. En tout cas, perso je suis convaincu !

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Pouvoir et contrôle de soi sont des thèmes récurrents de la série. Sans vouloir spoiler, Jessica se remet d’une série d’expériences qui a presque détruit sa foi dans sa capacité à définir son propre parcours et utiliser sa propre volonté. Ce qui permettra à la série de nous amener à réfléchir sur les pressions sociales touchant les femmes faisant face à des traumatismes. Attention, ne prenez-pas ma perception du perso pour un aveu de faiblesse de Jessica Jones. Jessica est tout sauf fragile mais la tristesse du personnage n’est jamais loin. Derrière son apparence froide, se cache une femme qui a appris à se méfier et qui est déterminé à obtenir une sorte de justice sommaire pour elle-même afin de surmonter ses traumas mais pour aider d’autres. Le prix à payer pour trouver la paix.

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Américan Horror Story et le vaudou

Il semblerait que le vaudou soit devenu tendance en pop culture. Que ce soit en musique, @Helkinn en parlait d’ailleurs récemment (je vous invite à lire son thread sur la question) ou encore au cinéma et le sujet s’invite même dans les séries.

Je regardais dernièrement le clip « Brujas » de @princessnokia… Et je me posais une question… https://t.co/8zRfTsiGqU

— Adama Anotho (@Helkinn) 15 novembre 2016

De Constantine en passant par American Horror Story, depuis deux ans le thème est vu et revu. La série addict que je suis est toujours blasée quand le trio gagnant : massacre de poulet, noir aux yeux terrifiants, pièce sombre fait son apparition. Il faut pas se mentir, on a tous ces exemples en tête, vous pouvez même vous amuser à me citer les références « vaudou chelou »que vous avez déjà vu en commentaire.

Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est American Horror Story : Coven parce que j’ai toujours promis sur Twitter de parler de la série sur mon blog. Le vaudou étant le thème central de cette saison 3. Parlons-en !

Tout d’abord l’histoire de la Nouvelle-Orléans et son rattachement au vaudou est bien respecté, on ne peut pas faire ce reproche à Ryan Murphy et Brad Falchuck les créateurs de la série. Quelques uns des mystères de cette ville mythique servent de toile de fond pour le synopsis de la saison 3.

Suffit de lire le pitch : plus de 300 après les procès des sorcières de Salem, des jeunes sorcières sont envoyées dans une école spéciale de La Nouvelle-Orléans où elles apprennent à se défendre. Une saison basée sur des faits réels donc, qui fait appel à des figures historiques de la ville comme la célèbre prêtresse vaudou de la Nouvelle Orléans, Marie Laveau et la meurtrière Delphine Lalaurie joué respectivement par Angela Bassett et Kathy Bates.

Alors qu’est-ce qui va pas avec cette saison 3  ?  Bah sans surprise, le traitement du vaudou bourré de clichés. Déjà  je ne comprend pas l’introduction de Papa Legba qui, est un membre important du panthéon Vaudou dans cette série. Inévitable vous me direz, la série prend beaucoup de libertés avec le vaudou. Et je devance, oui je sais que c’est une série, que c’est de la fiction.

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Dans une scène particulièrement Marie Laveau est réveillé par un Papa Legba aux yeux rouges, la peau sombre couvert de cendres, des ongles longs, un collier d’os d’animaux, et un chapeau haut avec un bandeau orné de crânes. Bref, le genre qui fait peur. Il annonce à Marie Laveau qu’il veut son prix, son sacrifice. Marie se précipite dans la nuit dans un hôpital de maternité, où elle s’empare d’un nouveau-né. Le bébé, une âme innocente est son offrande annuelle nécessaire pour Legba.

PAUSE

Dans le vaudou Papa Legba est le gardien du carrefour qui ouvre la porte entre l’humain et le monde des esprits. Il est généralement représenté comme un vieil homme noir solide et digne de porter un chapeau de paille. Pour l’anecdote une chanson en Haiti s’intéresse à son bon goût en matière de style (assez hilarant). Il est plutôt  comme sur la photo à droite dans mon montage. Le maquillage et les costumes du caractère Papa Legba dans AHS Coven (à gauche) ressemble plus à Baron Samedi, qui gouverne la mort, le cimetière, et le sexe.  capture

 

Dans le vaudou haïtien en tout cas, Papa Legba est surtout un vieux pépé couvert d’un chapeau de paille, fumant la pipe et tenant une canne. Et surtout aucune de ces divinités Vaudou n’aurai jamais besoin du sacrifice d’un bébé. Ce sacrifice de bébé reste du domaine d’un vaudou fantasmé.

Ce qui m’a aussi marqué avec cette saison d’ #AHS c’est qu’on est face à une série traitant de sorcellerie et vaudou ou l’on trouve quand même le moyen de faire passer les sorciers vaudou pour les méchants. On est en plein dans le cliché d’une magie blanche et pure porté par l’école de sorcières vs la face sombre de la sorcellerie : le vaudou.

Je comprends parfaitement le processus créatif et ses libertés, ce que je condamne ici c’est plutôt cette caricature systématique assez présente dans les séries TV sur le vaudou. Une caricature frôlant toujours la négrophobie si on prend en compte que cette religion prend ces sources dans une culture majoritairement noire. Américan Horror Story reste quand même  une très bonne série ce qui renforce mon agacement, je peux rien reprocher d’autre j’ai regardé une partie de la saison American Horror Hostel avec Lady Gaga : j’ai abandonné pour cause de  too much glauquitude. (Ah oui si vous aimez pas le trash, le gore et j’en passe n’y allez-pas).

Pour conclure sur la place du vaudou dans Américan Horror Story :  si les séries peuvent faire appel à des médium en consulting de nos jours, autant faire appel à des vaudouisants pour s’informer quitte à « surfer sur la tendance vaudou ».

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Johnny super acteur brun ténébreux pub de parfum Depp

Bon, résumons l’histoire parce que vous l’avez déjà vu partout. En mai, Amber Heard  a demandé et obtenu une mesure d’éloignement contre Johnny Depp. La police a été appelée chez le couple. Elle n’a pas porté plainte, et accepte même d’abandonner toutes les poursuites pour violences conjugales contre l’acteur  en échange de 7 millions de dollars et le divorce. La somme est reversée dans son intégralité à des associations.

Mais à en croire la tendance actuelle, il s’agit de ne pas ternir le blason de Mr Depp. J’ai voulu parler de cet affaire parce que voilà la un exemple précis de comment les médias décident de qui ne peut jamais être le coupable selon leurs propres critères.

L’honnêteté m’oblige (coucou Emmanuel Macron) à vous avouer que ce billet a été directement motivé par la lecture d’un article du Figaro dont je ne vais absolument pas mettre le lien écrit par une journaliste qui ne cache même pas qu’elle a probablement été une fan du Johnny des années 21 Jump Street. Parce que dès la première phrase, les bases sont posées.

La sulfureuse Amber Heard n’a décidément pas fini de faire parler d’elle.

On a donc une femme à qui la police a accordé la mesure d’éloignement qu’elle avait demandé, une femme dont la photo avec un bleu à l’œil droit a fait le tour des médias et l’adjectif choisi pour la qualifier est… sulfureuse. Classe.

Le reste de l’article laisse pantois.

Ces versements sont donc à mettre au crédit de la jeune actrice et mannequin américain. Mais, c’est surtout la preuve qu’Amber Heard tient à son image. Or celle-ci est au plus bas, ce qui est mauvais signe pour le futur de sa carrière. À l’heure actuelle, elle va avoir du mal à signer des contrats de publicité avec des marques glamours et elle va avoir encore plus de mal à trouver des rôles significatifs à Hollywood. Aux États-Unis, ses détracteurs sont nombreux et il est évident que sa stratégie de dénigrement par médias interposés contre Johnny Depp a été un mauvais calcul

 

Outre le fait qu’Amber Heard n’a aucun compte à rendre sur ce qu’elle choisit de faire de cet argent, cimer le choix des mots. Car Johnny super acteur  brun ténébreux pub de parfum Depp n’est pas un homme violent. Les médias, sa famille, l’opinion publique n’arrêtent pas de nous le répéter.  À la décharge de cette journaliste du Figaro, elle ne fait que suivre la vague. Depuis le printemps on a eu le droit de la part de TMZ d’un démontage en règle. Les journalistes américains n’y vont pas de main morte et je vous laisse deviner leur camp.

Ce genre d’histoire hyper médiatisé qui ne fait qu’aggraver la situation en somme. Quel message envoyons-nous aux victimes de violences conjugales  ? C’est bien beau de soigner les campagnes de pubs incitant les victimes à porter plainte mais si on est silencieux  dans la vie de tous les jours face au traitement médiatique de celles qui osent aborder le sujet de ces mêmes violences. Avouez qu’on n’y croit pas…

Notre vision sexiste et raciste de la société qui nous rend insensible(s). Oui, raciste car je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre cet histoire et l’affaire Chris Brown/Rihanna. Attention, loin de moi l’idée de faire la pub de ce mec. Mais je remarque juste qu’il n’y avait pas d’articles au conditionnel à l’époque. Ce qui est tant mieux on est d’accord. Mais cette volonté de blanchir coûte que coûte Johnny super acteur brun ténébreux pub de parfum  Depp cessera quand ?

#OscarsSoWhite : Julie Delpy sait mieux que nous

C’est la polémique de la semaine :  pour la deuxième année consécutive, il n’y a aucun Noir dans la liste des nommés aux Oscars 2016. Ce qui ne me surprend pas du tout à dire vrai. Autant les USA ont l’habitude des débats sur leurs minorités, autant je suis perplexe devant l’ampleur de la polémique en France.

D’Omar Sy en passant par Julie Delpy, des acteurs français se sentent obligés de faire part de leur opinion dont se passerai les afro-américains.

Non vraiment les américains sont connus pour ça, ils s’en fichent de l’avis du MONDE ENTIER.

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Attention : je n’idéalise pas les afro-américains. Cependant, sur les questions de représentations de leurs communautés, les Noirs américains entendent plus se faire respecter que les Noirs en Europe. Autre contexte, et je ne blame pas la communauté afropéenne non plus. Ici on est élevé au biberon du « vivre-ensemble » qui se traduit le plus souvent par faire taire toute demande de représentation de nos communautés par un : « On est tous égaux, on ne voit pas les couleurs. Black, blanc, beur, France métissée. »

MAIS POURQUOI CE BILLET ?

Julie Delpy a donc déclaré en interview qu’Hollywood c’était pire pour les femmes. Et de rajouter qu’elle aurai préféré être afro-américain. Voir les acteurs européens commenter la polémique #Oscarsowhite alors que la question de représentation des Césars par exemple ne sera JAMAIS abordé en France, ça passe vraiment pas.

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Et mon ras-le-bol qui refait surface, c’est toujours la même chose.

Les Julie Delpy sont légions en France. Et je repense à ces innombrables débats IRL ou dans les médias en France sur comment c’est trop dur le plafond de verre, les inégalités homme/femme en France.

Tous ces moments ou en tant que femme noire je me suis dit : « Sympa pour moi, en tant femme et noire ou je me retrouve dans ta wish list ? »

Mais je ne demanderai pas à Julie Delpy de comprendre les afro-américains ou les femmes noires.

Maman noire et invisible de Diariatou Kebe

C’est avec un peu d’appréhension que je me suis lancé dans la lecture de maman noire et invisible. Pour cause, être enceinte en étant noire en France c’est l’une des questions que je ramène toujours à plus tard. On verra sur le moment je me dis. Mais c’est justement un sujet important (si on souhaites fonder une famille). Déjà que c’est éprouvant de se prendre la réalité de ce que c’est d’être une femme tout court dans cette société.

C’est la raison pour laquelle je suis heureuse de savoir que dans ma bibliothèque si un jour je venais à être enceinte, existe ce livre d’une femme noire ayant du faire face aux mêmes incertitudes que moi. Comme pour se rassurer sur le parcours à faire.

Petit exemple du quotidien, mes produits de soin du cheveu crépu sont aux huiles essentielles, d’ou l’on apprend par exemple dans maman noire et invisible qu’il faut bannir ces produits au premier trimestre d’une grossesse.

Ce livre c’est aussi un témoignage émouvant sur ce que c’est de vivre le racisme en étant mère et sur comment parler du racisme aux enfants. La troisième partie s’intitule « mon bébé noir » et rien que ce titre m’a ému. C’est le fait de se dire dès sa naissance que ce bébé sera « tu sais de la Noirie ».

Alors merci à Diariatou Kebe d’avoir écrit ce livre sur ce que cela fait d’être une maman noire dans un monde blanc.